Supervision et hypervision : des outils complémentaires au service de la performance technique et énergétique des bâtiments

3/08/2022

  • 5 min
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Comprendre et piloter son parc immobilier de façon optimale, c’est notamment le rôle de l’hypervision et de la supervision, deux notions phares dans le secteur du SmartBuilding. Quel est le périmètre d’intervention propre à chacun de ces outils ? En quoi sont-ils complémentaires ? CYRISEA vous éclaire sur le sujet.

 

La supervision, outil de pilotage des équipements techniques

Chronologiquement, la supervision est apparue avant l’hypervision. Au départ, les systèmes de supervision permettaient simplement de gérer les équipements techniques du bâtiment (l’éclairage, le chauffage, la climatisation, etc.). Désormais, l’offre disponible est plus complète.

La supervision s’opère sur les installations techniques d’un ou plusieurs bâtiments. Elle permet de :

  • programmer les équipements techniques des bâtiments ;
  • suivre en temps réel les paramètres afin d’adapter les équipements aux besoins des usagers ;
  • identifier ou anticiper les anomalies de fonctionnement ;
  • assurer le suivi de la consommation ou de la production énergétique des installations ;
  • alerter grâce à l’envoi d’alarmes (par mail/sms ou vers les télégestions des exploitants).

Il existe plusieurs outils de supervision :

  1. La GTC (Gestion Technique Centralisée) agit sur un lot d’équipements techniques (éclairage, climatisation, chauffage, ventilation).
  2. Plus récurrente, la GTB (Gestion Technique de Bâtiment) peut contrôler ces équipements et installations sur plusieurs lots techniques à la fois.

Les avantages de ce type d’outils sont multiples : optimisation des coûts d’exploitation et de la réactivité en cas d’alerte, réalisation d’économies d’énergie, amélioration de la performance énergétique des bâtiments ainsi que du confort des occupants, etc.

Le déploiement de protocoles standards de supervision

Le secteur du SmartBuilding florissant ces dernières années, deux approches en matière de supervision semblent se dessiner :

  • L’une proposée par les constructeurs de matériels d’automatismes et de régulation ;
  • L’autre, insufflée par les éditeurs de logiciels indépendants des fabricants.

Aujourd’hui, les solutions proposées permettent de communiquer nativement, ou sous forme de diverses options pour être conformes aux standards du marché. En effet, l’interopérabilité et l’ouverture prônées par la profession ont poussé les industriels et les éditeurs à faire converger leurs solutions sur des protocoles standardisés (exemple : BACnet, KNX…).

L’hypervision, solution de consolidation de données, d’analyse et de pilotage unifié

Que peut bien apporter de plus un logiciel hyperviseur par rapport à la supervision ? Quel est le lien entre ces deux notions ? Cela peut paraître complexe alors que c’est finalement très simple.

L’hypervision répond tout d’abord à cette problématique de multiplication des outils de supervision des équipements techniques et de la consolidation des données collectées. La plateforme fédère ainsi les informations de fonctionnement des différents types de superviseurs, d’applications et de données qui lui sont rattachés pour ensuite les comparer et les analyser.

Au-delà de cette consolidation des données techniques, les solutions d’hypervision sont aussi des plateformes disposant de nombreux connecteurs standards pour récupérer des données liées à la consommation énergétique, par exemple les factures, les informations des fournisseurs et des distributeurs. La plupart d’entre elles proposent aussi des modules fonctionnels non disponibles sur les solutions de supervision. Pour illustrer, c’est le cas de modules « Décret tertiaire » qui permettent de gérer la problématique de bout en bout, de la définition des informations de la « période de référence », jusqu’à l’alimentation de la plateforme OPERAT.

Cette solution de gestion trouve une place grandissante chez les gestionnaires de patrimoines immobiliers d’envergure qui sont fréquemment confrontés à l’hétérogénéité de leurs systèmes techniques. C’est le cas en particulier des collectivités.

Finalement, le rôle de l’hypervision, c’est d’apporter une vision macroscopique de l’ensemble du parc afin d’opérer un pilotage unifié et rapide et d’améliorer la performance énergétique, technique et numérique d’un patrimoine. À partir d’une seule console, il est possible de collecter les alertes pour réagir rapidement, produire tous les indicateurs pour optimiser le système et anticiper les anomalies potentielles. L'hypervision permet le monitoring de l'ensemble de installations. 

Elle peut offrir aussi une vision personnalisée ou locale par métier, par système, par usage (par exemple, les IRVE (Infrastructures de Recharge de Véhicules Électriques ou encore le photovoltaïque) ou par typologie de bâtiments (pour les collectivités : écoles, crèches, restaurants scolaires, bureaux, etc.) en fonction du degré d’information souhaité.

Finalement, une hypervision rend de nombreux services en assurant :  

  • une meilleure maîtrise de son parc immobilier assurée par la centralisation des données techniques ;
  • un suivi, une analyse des données énergétiques et une optimisation des coûts associés ;
  • une communication unifiée vers des outils métiers tels que la GMAO, une maquette BIM (Building Information Modeling), favorisant ainsi les interactions avec le système d’information.

L’hypervision, une solution de gestion pour les collectivités

Pour les collectivités, l’hypervision représente donc un avantage considérable puis qu’elle permet de regrouper un large panel d’usages :

  • Services techniques et environnementaux
  • Aménagement et développement des territoires
  • Citoyenneté, éducation, culture, sport
  • Social, santé publique
  • Organisation et gestion des ressources
  • Sécurité

L’hypervision va ainsi permettre de fédérer l’ensemble des données collectées et d’agir sur les différents usages à l’échelle des bâtiments.

Elle va aussi pouvoir traiter des informations à une échelle plus large, celle d’un quartier par exemple. Ainsi, divers usages peuvent être adressés : la gestion des IRVE (Infrastructure de Recharge de Véhicule Électrique), des parkings publics, du photovoltaïque en auto-consommation collective, des éclairages publics, de la sécurité, de la qualité de l’air, etc. Cela participe au déploiement de la Smart City. Elle représente un enjeu fort en matière de gestion de patrimoine, des métiers et activités menées au quotidien.

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Les avantages d’un outil d’hypervision sont donc nombreux tels que le monitoring. Vous l’aurez compris, les outils de supervision des équipements techniques constituent un maillon essentiel et ces solutions sont bel et bien complémentaires.